Les auteurs et illustrateurs des Ardants éditeurs et imprimeurs

Donné en 2017, ce fonds est riche du travail de qualité de bon nombre d'auteurs et d'illustrateurs.

En 2017, Mme Bernadette Ardant a fait don à la ville de Limoges d’un ensemble documentaire conséquent, composé de livres de prix, missels, paroissiens, de clichés, matrices, de dessins originaux et de maquettes de couvertures. Les archives de l’entreprise Ardant ont été confiées aux archives départementales de la Haute-Vienne. Quant aux bâtiments dans lesquels étaient installée l’entreprise, quelques murs en subsistent aux portes de Limoges et d’Isle. 

La Bibliothèque francophone multimédia de la ville de Limoges a entrepris le catalogue des livres et documents qu’elle conserve ; le service inventaire et patrimoine de la Région Nouvelle Aquitaine a entrepris un travail de recensement et de description du patrimoine industriel et notamment celui des imprimeurs du Limousin et les archives départementales ont établi l’inventaire détaillé du fonds déposé.

Les pièces se complètent pour former l’histoire d’une entreprise qui a marqué Limoges pendant plus de 150 ans. A travers elle s’écrit l’histoire de la fabrication des livres. Les éditions Ardant ont fait appel à des auteurs, illustrateurs, graveurs. Eux même imprimeurs, ils comptaient dans leurs ateliers des typographes, relieurs, sans compter les métiers complémentaires de commerciaux, comptables et techniciens.

L’entreprise a prospéré et œuvré tant que la littérature qu’elle produisait a rencontré un public et des marchés. 

Les auteurs

Reprise de romans, traductions d’auteurs célèbres, textes inspirés des classiques : les Ardant ont sollicité un grand nombre d’auteurs et traducteurs. La plupart ont écrit sous couvert d’anonymat, notamment les femmes.

Les archives conservent des contrats de cessions de droits, par lesquels les auteurs cédaient à l’éditeur le texte, le droit de le modifier et de le réutiliser ainsi que le pseudonyme utilisé ou la liberté pour l’éditeur de changer ce nom. Ces documents révèlent ainsi les noms vrais des auteurs. Parfois, les contrats mentionnent d’autres éditions, d’autres modes de diffusion, telle la presse qui publie sous forme de feuilletons.

Le dictionnaire du livre de jeunesse mentionne quelques auteurs identifiés dans le fonds Ardant.

Maria Edgeworth (1768 – 1849): Née en Angleterre d’un père irlandais, ses premiers écrits sont consacrés à l’éducation des enfants. Auteur de contes à dominante morale et de romans décrivant la société irlandaise, elle a inspiré de nombreux auteurs et suscité des adaptations dans plusieurs langues. Louis-Nicolas Bescherelle, dit « Bescherelle l'aîné »: (1802 – 1883) : Archiviste, puis bibliothécaire au Louvre, il publie avec son frère Henri Le Véritable Manuel des conjugaisons ou la science des conjugaisons mise à la portée de tout le monde. Connu comme lexicographe et grammairien français, il écrit pour les éditions Ardant une histoire de Jean Bart, dont il existe plusieurs éditions.
Marie Guerrier de Haupt (1837 – 1914) : Femme de lettres, romancière, poète et traductrice. Elle utilise plusieurs pseudonymes : Georges d'Albrays, Joë Trilby. Elle compose de très nombreux textes pour les enfants, se préoccupe aussi d’éducation et de morale. Elle publie pour les éditions Didier, Mame, Barbou, Ardant. Elle publie également dans la presse féminine et dans les journaux dédiés aux jeunes publics et s’adresse particulièrement aux jeunes filles. Elle obtient le prix Montyon de l’Académie française pour son roman sentimental intitulé Marthe.Mayne-Reid: Journaliste, romancier, il naît en Irlande puis émigre aux États-Unis où il exerce plusieurs métiers. Il se spécialise dans les récits d’aventure. Pour les éditions Ardant, il a notamment été traduit par Marie Guerrier de Haupt, comme A la recherche d'un Buffalo blanc.

Les illustrateurs

La Bfm conserve dans le fonds ARDANT des dessins originaux d’une vingtaine d’artistes, qui ont contribué à l’illustration des ouvrages ou à celle des couvertures. Parfois accompagnés de notes de mises en page, de dimensions d’impression ou encore de calques pour la préparation des clichés, ces dessins sont le plus souvent à l’encre noire. Quelques-uns sont des aquarelles ou des gouaches. Un premier inventaire des dessinateurs a été réalisé : il reste à compléter au fur et à mesure du traitement documentaire des livres et de l’identification de ces illustrateurs.

Henri Bressler (1849 – 1926) : Ingénieur, il a travaillé pour le creusement du Canal de Suez (années 1859 à 1869) sous la direction de Ferdinand de Lesseps. Il s’installe dans un premier temps au Pérou où il épouse Isabel Guzman, dont il a une fille. En 1900 ; il achète une maison à l’exposition universelle, qu’il fait remonter à Vauhallan (région parisienne). La Bfm de Limoges conserve de nombreux dessins de sa main pour les éditions Ardant. Il est également l’auteur de plusieurs couvertures, signature qui n’apparaît que sur l’original. Les courriers présents aux archives ont permis de lui attribuer ces œuvres, insoupçonnées jusqu’à présent. Il réalise également des dessins pour d’autres éditeurs et pour la presse.Roger Coutisson des Bordes (1885 – 1949) : Né Marie Joseph Coutisson d'Auphelle des Bordes, originaire de Royère-de-Vassivière, il signe ses dessins et peintures « Coutisson des Bordes ». Blessé pendant la guerre 1914-1918, il est démobilisé en 1919. Il s’installe avec sa femme dans le Cantal. Spécialiste du genre animalier, il est connu pour ses scènes de chasse à courre. Pour les Ardant, il a réalisé des dessins pour Le masque de fer, Le colon de Van Diemen, Saint-Martin, La case de l’Oncle Tom ou encore pour L’Almanach.
Jean-Bertrand Pégot-Ogier (1877 – 1915) : D’une famille ancienne originaire de Saint-Gaudens par son père, de la noblesse écossaise par sa mère, la famille est installée à Hennebont, où il reçoit une éducation très complète. Il apprend la peinture avec son père, puis s’inscrit à l’école de Concarneau. Marqué par la mort de sa mère en 1902, il épouse une musicienne, participe à des salons, pratique la photographie. Connu aussi pour ses performances comme coureur cycliste, il meurt en 1915 sur le front. La Bfm de Limoges conserve des dessins et des gouaches réalisées pour les Ardant.Madeleine Thoubillon de Moncroc (1903 – 1992) : Né à Oullins, elle étudie les beaux-arts à Lyon puis à Paris. En 1930, elle épouse l’architecte lyonnais Fernand Thoubillon de Moncroc (1902 – 1944), qu’elle a rencontré durant ses études. Veuve jeune, elle consacre sa vie à la peinture et à ses enfants. Elle réalise des gouaches, illustre des albums jeunesse aussi bien pour les éditions Mame que pour les éditions Ardant.
Emy, Henri (1820-1874), dessinateur et lithographe. Connu sous le pseudonyme de Armand-Louis-Henri Telory : illustrateur dont le style oscille entre naturalisme et caricature. Dans la presse illustrée, la signature d’Emy se retrouve dans La silhouette (1844-1850), Le charivari (1846-1860) ou encore La chasse illustrée. Il publie avec Rostaing un conte merveilleux intitulé Le mirliton merveilleux paru en 1862 chez Martinet à ParisAgénor De Boisroger (1867-1936): Né à Avranches, artiste peintre, il travaille comme commis des postes à Granville, Cherbourg et Châtellerault. Il illustre des ouvrages pour différents éditeurs. Sur le journal de Granville, il est noté comme participant à une exposition de peintures en 1885. Dans un salon de l’Ouest de la France en 1826, le journaliste souligne « une finesse de touche et un soin extrêmes » de sa peinture. En revanche, les sources biographiques sont peu renseignées. Pour les éditions Ardant, la Bfm possède les dessins originaux de l 'Histoire d’un petit chat noir.
Georges Dascher (1851 - 1912) : Installé dans la région de Caen, il est peintre, illustrateur et affichiste français. Malgré les vœux de son père, il part à Paris pour vivre de son art. Il illustre des couvertures de cahiers scolaires, des partitions musicales, des livres pour la jeunesse, dont ceux des éditeurs Ardant, comme par exemple Mauricette.Victor Lhuer (1876-1952) : Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, il est connu pour ses dessins dans la presse féminine et dans le monde de la mode. Pour les éditions Ardant, il a réalisé plusieurs séries de dessins pour des missels et Evangeline, dans une traduction française parue en 1942. 

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