Emile Ruben, conservateur à la Bfm

Emile Ruben et le fonds LHS de la bibliothèque de Limoges

Emile RUBEN

Jean-Baptiste-Emile Ruben est né à Limoges le 15 avril 1823. Il fait de très bonnes études au lycée Gay-Lussac avant de partir à Poitiers puis à Paris en 1846 où il suit les cours de l’École de droit. En 1850 il est inscrit au barreau de Paris comme avocat stagiaire. Il revient alors à Limoges mais ses moyens ne lui permettent pas de continuer à être avocat stagiaire. Fin 1852, il accepte un poste de chef de bureau des contributions à la mairie de Limoges, poste qui lui permet de vivre mais c’est un travail qu’il n’aime pas.

Le 1er octobre 1853, il devient directeur du service de la statistique et des archives municipales de la ville de Limoges.

En 1855, à la mort du bibliothécaire en poste, il prend sa succession et il va professionnellement trouver sa voie.

Mais il n’est pas que bibliothécaire ; il écrit des articles de critique littéraire pour des journaux et des revues. En 1866, il est le rédacteur principal de l’Almanach limousin.

Dès 1852, il fait partie de la Société archéologique et historique du Limousin ; en 1856, il devient son secrétaire archiviste puis en 1862 son secrétaire général. En 1865, il fait entreprendre la publication intégrale des « Registres consulaires de la ville de Limoges, 1508-1790 » en 6 volumes dont il ne verra pas la fin.

Il a été administrateur du Musée céramique, de la Société des amis des arts et de la bibliothèque populaire de Limoges dont il fut un des principaux créateurs.

Il a rédigé plusieurs ouvrages dont un certain nombre sur la poésie en patois limousin (comme on disait à l’époque). Il a pu avoir des ouvrages dédicacés de Joseph Roumanille… ou avoir l’édition originale de Mireille de Mistral (1859). Le fonds occitan ancien lui doit beaucoup…

Il décède prématurément en 1871 à l’âge de 48 ans. Félix Achard dont je me suis beaucoup inspirée, écrira de lui dans Émile Ruben : notice biographique paru vers 1872 chez la Veuve Ducourtieux :

« Tel fut Ruben, bibliographe logique et consciencieux, écrivain distingué, poète aimable ; mais surtout ami dévoué et fidèle, âme délicate et honnête, grand cœur ! Quelque modeste qu’ait été sa vie, quelques modestes qu’aient été ses travaux, le souvenir de cet homme de bien restera toujours gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont connu, dans le cœur de ceux qui ont été ses amis, et la postérité lui conservera une large place parmi les hommes qui ont le plus contribué au réveil littéraire et artistique du Limousin depuis une vingtaine d’années ».

Le fonds LHS

Le fonds LHS est constitué des ouvrages des bibliothèques ecclésiastiques de Limoges et de bibliothèques de particuliers qui ont été saisies à la Révolution.

Parmi ces bibliothèques, se trouvaient les Feuillants, les Grands Carmes, les récollets de Ste-Valérie, les Augustins, le Séminaire et surtout le Collège des Jésuites (devenu Collège royal).

Après la saisie, comme Ruben l’explique dans la préface de son 1er catalogue, ces fonds ont constitué la Bibliothèque de l’École centrale de la Haute-Vienne. En 1804, l’État les cède à la ville de Limoges. Il y a, à cette époque environ 10 000 volumes dont certains dont dépareillés : on a le volume 1 mais pas le 2 ou inversement et certains sont en très mauvais état. L’accroissement de la bibliothèque est lié aux rares dons de l’État et à quelques acquisitions mais les crédits sont rares.

A partir du premier mandat de Louis Ardant (1849 à 1853), les crédits commencent à augmenter et on évoque un catalogue.

En février 1855, le bibliothécaire Léon Duboys décède et Émile Ruben est nommé. Il écrit, dans la préface de son catalogue :

Commence alors le travail de tri des collections ; puis, il faut organiser le catalogue en thèmes, sous-thèmes, sous-sous-thèmes, etc. ; il faut créer des notices dans lesquelles on décrit le plus complètement possible les livres : auteur/titre/ éditeur/année d’impression, etc…

Le 1er catalogue paraît en 1858 : il s’agit du fonds H, histoire qui comprend 1878 notices d’ouvrages ; le 2ème, le fonds L, lettres paraît en 1860 ; le 3ème, le fonds S, sciences et arts, paraît en 1863.

Il devait y avoir un 4ème volume, R comme religion, qui était terminé sur fiches au moment du décès de Ruben mais n’a pas été fini ni imprimé. Les ouvrages du fonds R ont intégré le fonds du Séminaire.

Plusieurs ouvrages du fonds LHS sont rares et précieux, certains exceptionnels.

Au décès de Ruben, le fonds est passé de 10 000 à 20 000 ouvrages. Grâce à son travail, c’est toute la base de la bibliothèque de Limoges qui est posée.

Selon Brunet, auteur du Manuel du libraire, le « catalogue [est] fort bien rédigé. »

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