Un pays m'est nécessaire

« La poésie est tout ce qui reste à l’homme pour proclamer sa dignité ». Ces mots d’Abdellatif Laâbi, résonnent dans son poème Un pays m’est nécessaire. Lui qui a connu la prison, la torture et l’exil, témoigne et explore la condition humaine avec simplicité : « Je chasserai autour de lui les bourreaux pathétiques / l’armada des charognards/ Je mettrai dans sa main / le morceau de fer qui arrêtera ses convulsions... »
L’aquarelle d’Abdallah Sadouk donne corps au poème. Figure de proue de l’art contemporain marocain, l’artiste « allie savamment l’imprécis de la vibration au précis de la construction ». Il se définit lui-même comme paysagiste, avec des références au cubisme impressionniste.
Le pays évoqué-invoqué-convoqué par le poète est suggéré par une succession de plans, de figures géométriques qui font référence à l’architecture et à l’environnement naturel d’inspiration berbère ainsi que les teintes ocre, au sable, au Sahara. La lumière semble se diffuser vers l’extérieur du livre, invitant le regard à errer vers d’autres horizons :
« Surtout ne pas l’enfermer dans un nom / et sciemment laisser dériver les frontières... »

Auteur / Artiste
Abdellatif LAÂBI / Abdallah SADOUK
Edition
Al-Manar
Année de publication
2001
Technique
Aquarelle / Leporello